Au Conseil Scientifique du Parc Naturel Régional de la Brenne

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Communiqué de presse de l’Association Pas De Vent Chez Nous- Avenir Boischaut Sud et du Collectif Brandes et Bocages

Vigoux, le 20/10/2022

Chers amis de la presse et des médias, les administrateurs du PNR et les membres du conseil scientifique.

Comme vous le savez sûrement, notre association est sortie victorieuse d’un long combat contre l’implantation d’éoliennes industrielles à l’entrée du Parc Naturel Régional de la Brenne. Voilà qui grave dans le marbre sa vocation ornithologique et patrimoniale.

Avec des enquêtes publiques défavorables, le rejet du préfet, suivies de nos deux victoires, l’une devant la Cour d’Appel Administrative de Bordeaux, l’autre au Conseil d’Etat contre le projet industriel « Les Portes de la Brenne » : voilà 7 années de batailles qui prouvent que l’éolien n’a pas sa place dans le Sud de l’Indre.

En effet, ce sont des ICPE (Installations Classées Protection de l’Environnement) qui ne peuvent être implantées ni dans dans l’enceinte, ni à proximité de parcs ornithologiques, comme non plus aux abords de joyaux patrimoniaux. Il y a là un principe de cohérence, que le Droit vient ici de rappeler : cela ne peut souffrir de compromission.

Forts de cette décision du Conseil d’Etat rejetant le projet de parc éolien « Les Portes de la Brenne », nous souhaitons vous faire partager notre inquiétude vis à vis d’un entretien donnée au le journal national « actu-environnement » par un des membres du nouveau conseil scientifique du PNRB.

Dans cet article publié le 14 octobre 2022 on y parle paysage, et traite l’éolien industriel comme faisant partie des nouveaux paysages dits « après pétrole ».

C’est là que nous souhaitons intervenir pour dénoncer l’erreur grossière ainsi véhiculée : l’éolien industriel ne fera jamais partie de l’ère « d’après pétrole », pour la simple raison qu’elle est partie-prenante de l’industrie du fossile :

– pour sa fabrication, son acheminement et son démantèlement : besoin de l’industrie lourde chinoise et allemande, avec des matières premières rares et importées ;

– pour son fonctionnement (huiles issues de la pétrochimie)

– à cause de son intermittence, elle oblige à ouvrir des centrales à gaz ou charbon quand elles ne produisent pas.

– elles participent à l’obsolescence programmée, avec durée de vie maximale de 25 ans sans recyclage energétiquement soutenable.

Ces affirmations sont parfaitement démontrées par l’expert en politique énergétique Fabien Bouglé dans son livre « La face noire de la transition écologique ».

Cette industrie ne s’arrête pas là : elle détruit l’écosystème local, preuve en est des comptages alarmants de cadavres de chiroptères effectués par des naturalistes pour Indre-Nature dans des zones pourtant non-préservées. Des cadavres d’insectes qui ralentissent les pales, à la faune du sol éradiquée par l’artificialisation : tout un écosystème est détruit puis passé sous silence.

Le paysage utilisé dans cet article est un concept à la fois « fourre tout » et vide de sens, tandis que nous vous parlons ici de faits tangibles, réels et avérés scientifiquement. L’utilisation d’un tel concept intellectuel pour justifier l’introduction à marche forcée de cette industrie polluante sur nos terres et dans nos ciels doit vous alerter sur ce danger gigantesque qui menace le PNR et même ses alentours, qui sont les voies d’accès de son avifaune.

L’industrie du vent est particulièrement pernicieuse : elle fournit une électricité carbonée, polluante, détruisant l’environnement immédiat tout en se clamant écologique et voulant faire partie de « paysages après pétrole ».

Nous ne saurons donc que trop rappeler au Conseil Scientifique du Parc Naturel de la Brenne et à ses administrateurs, l’importance de ne plus rejeter de CO2 dans l’atmosphère inutilement, et d’œuvrer plus intensivement au maintien, à la protection et au développement de la biodiversité, particulièrement critique pour cette terre d’accueil de l’avifaune.

Nous comptons sur votre clairvoyance et votre réactivité pour prendre les mesures de protection qui s’imposent car l’intérêt général est de préserver la biodiversité sans compromis ni influence industrielle.

Enfin, si besoin, nous pouvons vous recommander de lire les publications de la FED (Fédération Environnement Durable) qui offrent un travail critique et juridique très argumenté, face à la pression des promoteurs éoliens et de certaines politiques publiques.

Merci pour votre action.

Le bureau de l’association PDVCN-ABS, et le Collectif Brandes et Bocages.

Le collectif Brandes et Bocages s’associe à ce communiqué, il réunit les associations suivantes :

• ADEC SBSA (Sacièrges Saint-Martin)
• ADESA (Sauzelle)
• ASPER (Lussac les Eglises)
• Bocage de Beaulieu
• Bocage et Patrimoine (Tilly)
• Bouchures, Traditions et Héritage (Chaillac)
• Environnement Durable en Boischaut Sud (EDBS, La Châtre l’Anglin)
• Lathus Vent Debout
• Sauvegarde de l’Environnement de Liglet et de La Trimouille (SELT)
• Vent Debout (Brigueil le Chantre)
• Vent de Raison pour la Sauvegarde du Bocage des communes de Coulonges-Les Hérolles et Thollet
• Bouchure de Jouac

http://www.avenirboischautsud.fr